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Moulin-à-Vent

Généralités

Sur la Nationale 6, en quittant Mâcon, on croise d’abord les routes qui conduisent aux crus réputés du Mâconnais tel le Pouilly-Fuissé. Le village de Saint-Vérand crée la transition puisque ses terroirs sont tantôt reliés au Mâconnais, tantôt au Beaujolais. Le premier cru du Beaujolais que l’on rencontre porte le doux nom de Saint-Amour. Le second, et le plus célèbre, s’appelle Moulin-à-Vent. Il doit son nom à un moulin-à-vent millénaire dominant la commune de Romanèche-Thorins.

Depuis 1924, les 675 hectares du cru Moulin-à-Vent se répartissent à parts égales  sur les communes de Romanèche-Thorins et de Chénas.  Romanèche-Thorins ferme au sud le département de la Saône-et-Loire tandis que Chénas se situe déjà dans le département du Rhône, comme pratiquement tout le Beaujolais d’ailleurs. Seuls les terroirs au sud et à l’est de Chénas ont droit à l’appellation « Moulin-à-Vent », les autres s’appellent « Chénas » et s’inscrivent parmi les dix crus du Beaujolais. Chénas, semble-t-il, possède moins de puissance que son illustre voisin. Autrefois, avant le classement officiel de 1924, certaines parcelles de Fleurie se vendaient sous le nom de Moulin-à-Vent, c’était le cas du lieu-dit La Roilette essentiellement.  Cela ne manquait pas de logique car de Fleurie à Chénas, en englobant  Romanèche-Thorins, le vignoble de Moulin-à-Vent forme un vaste cirque homogène. Le sol, peu profond, perméable, maigre et acide, se compose de granit friable de couleur rose provenant de la désagrégation sur place de la roche sous-jacente. Le sous-sol, riche en manganèse lui confère sa personnalité singulière.

Sa belle couleur, sa profondeur, sa charpente solide ainsi que son aptitude à vieillir harmonieusement l’ont fait connaître depuis belle lurette aux amateurs. On l’assimilait la plupart du temps à un Bourgogne de la Côte d’Or, comme le Châteauneuf-du-Pape au temps où les Côtes-du-Rhône souffraient d’un déficit d’image. Le gamay, cépage à l’origine de tout Beaujolais rouge ne jouit pas toujours non plus d’une image enviable. Cependant il convient de ne pas faire d’amalgame. La symbiose qui existe entre un cépage, un terroir et un homme peut donner des réalités tellement différentes qu’il faut se garder des généralités abusives. En Beaujolais, le négoce reste largement dominant, de nombreux vignerons en dépendent pour commercialiser, anonymement, leurs vins. Ainsi, c’est la maison de négoce qui imprime son style aux vins. Nous avons toujours préféré à l’uniformité commerciale, la patte du vigneron, signature marquante s’il en est.

Le Domaine Paul Janin et Fils

Au Domaine Paul Janin, Eric Janin, poursuivant ainsi la tradition familiale, s’applique à mettre en évidence les qualités propres du Moulin-à-Vent. Le domaine compte dix hectares de vignes, ce qui le place  au rang des propriétaires importants de l’appellation.  Pour garder un maximum d’authenticité aux vins, les sols bénéficient de labours profonds et réguliers tandis que les produits phytosanitaires utilisés se réfèrent de plus en plus à l’agrobiologie.

Nous avons sélectionné deux cuvées de Moulin-à-Vent. La première, le Domaine des Vignes du Tremblay, se compose en majorité de vignes de 40 à 70 ans et son rendement excède rarement 50hl/ha. La deuxième, le Clos du Tremblay, provient uniquement de très vieilles vignes, de 50 à 100 ans, ce qui limite naturellement le rendement. Ces vins vieillissent bien mais se boivent jeunes tout autant car le gamay affiche rarement une grande austérité. Les crus se montrent plus profonds, et tout particulièrement le Moulin-à-Vent, cependant tous les bons Beaujolais sont de joyeux compagnons de fête, ils s’offrent sans façon et sans trop se faire attendre.  Sans doute est-ce la raison pour laquelle il fait si bon vivre au pays Beaujolais. Son vin invite au bonheur, il se réjouit de la compagnie de trois rondelles de saucisson comme il met en valeur d’appétissantes pièces de viande ou de succulentes volailles de Bresse.

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